Un amendement a été déposé à l’Assemblée nationale par les députés François-Michel Lambert et Edith Gueugneau pour faire inscrire dans le projet de loi Egalité et Citoyenneté l’abolition des violences faites aux enfants.

Dans le cadre de la loi « Egalité et Citoyenneté », cet amendement sur la VEO sera étudié en séance à l’Assemblée nationale aujourd’hui et jusqu’à jeudi 30/06/2016.

L’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire (OVEO) nous propose un dossier de présentation de cet amendement dans lequel nous trouvons  les articles rectificatifs proposés, une définition de la violence éducative ordinaire, la différence avec la maltraitance…etc.

Notre avis sur le dossier de présentation: il s’agit d’un travail de synthèse clair et argumenté. Cependant, seule une mesure à titre informatif est évoquée « à la première page du carnet de santé doit figurer la mention suivante: « nul, pas même le ou les titulaires de l’autorité parentale, n’a le droit d’user de violence physique, d’infliger des punitions corporelles et des souffrances morales ni de recourir à aucune autre forme d’humiliation envers un enfant ».

Ainsi, le dossier ne s’étend pas sur les propositions d’actions possibles à toutes les échelles (locales, départementales, régionales, nationales) pour sensibiliser, informer la société et accompagner, soutenir les parents et les adultes éducateurs de manière générale (assistantes maternelles, enseignants…). Cela nous rappelle les messages inscrits sur les briques de lait…(cf le film « Si j’aurai su…je serai né en Suède » ou sa bande annonce).

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Espérons plus de détails sur ces actions car si nous sommes en faveur d’un changement social pour un regard plus juste sur l’enfant, nous sommes contre la stigmatisation des adultes, même ceux qui usent de la VEO. C’est un changement dans les consciences qui est à travailler avec les moyens que cela réclame.

L’empathie, ressource parentale pour éviter les violences éducatives

« Encore un mot compliqué », « Pas besoin de ça pour éduquer et me faire obéir! »…découvrons.

Pour faire simple, l’empathie (vient du grec pathos-souffrance- et  em-dedans, intérieur-), c’est la capacité de compréhension des émotions d’un autre individu. En somme, la possibilité pour chaque parent, de comprendre son enfant lorsque celui-ci présente une émotion.

Quelques exemples concrets: la tristesse quand la boule de glace tombe par terre, la colère lorsque le jean blanc préféré est tâché de confiture par le petit cousin, la honte lorsque les copines se sont moquées de la coiffure réalisée avec soin le matin, la peur de s’être perdu dans un magasin mais aussi la joie lorsque les plants mis en terre commencent à donner les premières tomates ou les premières fraises etc…

A chaque fois que vous ressentez en vous ce que 1_ImCw5Z78dYUeYeVtxgGyegressent votre enfant, vous êtes dans une attitude à partir de laquelle vous  pouvez lui donner verbalement ou non de l’empathie et l’aider à traverser son émotion.

L’empathie a toute sa place dans la relation éducative car elle évite les positions dominant-dominé et les éventuelles dérives (coups, menaces, cris…). Cette capacité est plus ou moins naturelle chez les personnes, elle dépend  de la personnalité et de l’histoire de chacun, en tous cas, elle peut se développer 😉 !

Marion CuerqMarion Cuerq, réalisatrice du film « Si j’aurais su je serai né en Suède »

« Si j’aurai su, je serais né en Suède » (film, 1h06 min) ou bande annonce (2min46)

Interview de Marion Cuerq à propos de l’empathie dans les relations humaines 

L’Odyssée de l’empathie est un documentaire de 2015 qui nous interpelle sur une des manières possibles pour limiter les violences… bande annonce (2min21).

Dans l’actualité: l’observatoire de la non violence éducative (dont le but est de « révéler le scandale caché de la violence éducative, qui légitime, sous couvert d’éducation, des cruautés à peine imaginables ») a déposé à l’Assemblée Nationale un amendement pour abolir les violences éducatives, le projet de loi sera examiné dès demain et en séance du 27 au 30 juin. A suivre.

Enfin, pensons aux parents qui eux-aussi ont besoin d’empathie… Ils peuvent d’ailleurs s’en procurer à eux-mêmes, c’est l’auto-empathie!autoempathie minute

« Merci part de moi qui juge, critique, réagit, diagnostique, de me rappeler que c’est le moment de prendre un temps d’écoute avec ce qui se vit en moi ».

 

 

A expérimenter lors d’un prochain stage pour les parents à Dreux.

 

 

Les gifles, les fessées et autres punitions n’ont aucune vertu éducative

Education et OVEO

Tracts et affiches pour diffuser l’information sur la violence éducative ordinaire disponible sur le site de l’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire (OVEO)

Le tract ci dessus a été réalisé par Sophie Blum, le texte est anonyme, la diffusion et la reproduction sont libres.

« Comment supporterions-nous (ou supportons-nous !), par exemple, que notre conjoint ou conjointe nous menace de nous punir, nous sermonne, nous fasse la morale, nous critique, nous injurie, se moque de nous, nous compare à d’autres de façon désobligeante, etc. ? Or, qui n’a connu cela dans son enfance ? Et qui ne l’a fait plus ou moins subir à ses enfants ?

L’Observatoire de la Violence Educative Ordinaire est à la fois une association et un site créés dans le but d’informer le plus largement possible l’opinion publique et les responsables politiques sur la pratique de la violence éducative ordinaire, c’est-à-dire les diverses formes de violence utilisées quotidiennement pour éduquer les enfants dans les familles et les institutions (écoles, assistantes maternelles…) ». (site de l’OVEO)

Beaucoup de parents, par un cheminement et un positionnement personnels cherchent à établir une relation de qualité avec leur(s) enfant(s). Les temps changent! Et pour l’épanouissement de chacun!

Journée du 30 avril, journée nationale de la non-violence éducative!

 

 

On peut secouer un biberon…pas un bébé! (article en soutien au 30 avril, journée nationale de la non-violence éducative)

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En France, les statistiques révèlent que:

  • 14% des Français déclarent avoir été victimes de maltraitances– physiques, sexuelles et psychologiques – au cours de leur enfance (sondage Harris-L’Enfant Bleu 2014)
  • Chaque jour, 2 enfants décèdent victimes de maltraitance (INSERM 2010)

Reconnaissons-le, la tâche parentale est ardue et il y a tellement d’occasion de perdre le contrôle…de soi.

Reconnaissons-le aussi, il y a tellement de solutions possibles et d’accompagnement à mettre en place!

Nous pensons qu’il n’y a pas de mauvais parents, il y a des parents qui à un moment donné n’ont pas eu accès aux moyens à leur disposition pour faire face. Des moyens extérieurs mais internes aussi, connaître son enfant, son stade de développement cérébral, ses besoins en fonction de son âge, d’autres parents avec qui dialoguer, des professionnels… et aussi se connaître soi-même, prendre en compte ses besoins, y répondre dès que possible: ralentir, respirer, ressentir, réagir de manière créative…

Changer les mentalités? oui! Comment? Thomas d’Ansembourg , dans son intervention en juin 2015 « Une histoire de violence » pour le mouvement Colibris  nous donne une piste quand il aborde la notion de développement social durable.

Et dans l’éducation, c’est possible aussi.

Quelques clés pour une éducation au service de la joie les 3 et 4 juin 2016 à Dreux (Eure et Loir).