L’empathie, ressource parentale pour éviter les violences éducatives

« Encore un mot compliqué », « Pas besoin de ça pour éduquer et me faire obéir! »…découvrons.

Pour faire simple, l’empathie (vient du grec pathos-souffrance- et  em-dedans, intérieur-), c’est la capacité de compréhension des émotions d’un autre individu. En somme, la possibilité pour chaque parent, de comprendre son enfant lorsque celui-ci présente une émotion.

Quelques exemples concrets: la tristesse quand la boule de glace tombe par terre, la colère lorsque le jean blanc préféré est tâché de confiture par le petit cousin, la honte lorsque les copines se sont moquées de la coiffure réalisée avec soin le matin, la peur de s’être perdu dans un magasin mais aussi la joie lorsque les plants mis en terre commencent à donner les premières tomates ou les premières fraises etc…

A chaque fois que vous ressentez en vous ce que 1_ImCw5Z78dYUeYeVtxgGyegressent votre enfant, vous êtes dans une attitude à partir de laquelle vous  pouvez lui donner verbalement ou non de l’empathie et l’aider à traverser son émotion.

L’empathie a toute sa place dans la relation éducative car elle évite les positions dominant-dominé et les éventuelles dérives (coups, menaces, cris…). Cette capacité est plus ou moins naturelle chez les personnes, elle dépend  de la personnalité et de l’histoire de chacun, en tous cas, elle peut se développer 😉 !

Marion CuerqMarion Cuerq, réalisatrice du film « Si j’aurais su je serai né en Suède »

« Si j’aurai su, je serais né en Suède » (film, 1h06 min) ou bande annonce (2min46)

Interview de Marion Cuerq à propos de l’empathie dans les relations humaines 

L’Odyssée de l’empathie est un documentaire de 2015 qui nous interpelle sur une des manières possibles pour limiter les violences… bande annonce (2min21).

Dans l’actualité: l’observatoire de la non violence éducative (dont le but est de « révéler le scandale caché de la violence éducative, qui légitime, sous couvert d’éducation, des cruautés à peine imaginables ») a déposé à l’Assemblée Nationale un amendement pour abolir les violences éducatives, le projet de loi sera examiné dès demain et en séance du 27 au 30 juin. A suivre.

Enfin, pensons aux parents qui eux-aussi ont besoin d’empathie… Ils peuvent d’ailleurs s’en procurer à eux-mêmes, c’est l’auto-empathie!autoempathie minute

« Merci part de moi qui juge, critique, réagit, diagnostique, de me rappeler que c’est le moment de prendre un temps d’écoute avec ce qui se vit en moi ».

 

 

A expérimenter lors d’un prochain stage pour les parents à Dreux.

 

 

L’enfant voit le monde depuis ses propres yeux (Isabelle Filliozat)

croire ou entendre CNV

Opposition, crises de rage…vous connaissez! Nous avons tous connu ce moment où le volcan se réveille…chez notre enfant puis chez nous!

La CNV® nous propose d’entendre ce que vit le chacal en chacun de nous, ce chacal qui  hurle, juge, dévalorise, compare, insulte…quel besoin est-il maladroitement en train de crier?

Isabelle Fillozat dans « Au cœur des émotions de l’enfant » nous propose de répondre à 7 questions lorsqu’une situation difficile se présente avec notre enfant:

  1. Quel est son vécu? Eh oui, un enfant a un cerveau en maturation, sa pensée n’est pas construite comme celle d’un adulte, prenez-le au sérieux. Ecoutez ses émotions même si cela vous paraît « une comédie pour un rien »
  2. Que dit-il?  Un enfant a peu de mots pour dire sa réalité, il peut user de toute une panoplie de symptômes pour dire son vécu, notamment lorsqu’ils sont récurrents ou disproportionnés.
  3. Quel message ai-je envie de transmettre? Regardons de plus près nos jugements sur notre enfant, ce que nous pensons de lui va conditionner ses croyances sur lui-même, privilégions les messages d’amour!
  4. Pourquoi je dis cela? Pourquoi je tiens à cette règle? A quel point les conditionnements, notre propre éducation, nos automatismes et les convenances sociales nous guident-elles dans notre relation éducative? Avez-vous déjà entendu un membre de famille vous dire « attention, ton enfant va te dominer! »?
  5. Mes besoins sont-ils en compétition avec ceux de mon enfant? Lire tranquillement, dormir tard le week-end, ne pas préparer de repas pendant plusieurs jours, téléphoner, jouer d’un instrument des heures durant, sortir le soir ou la journée sans rien organiser… une fois devenu parent, cette vie-là peut paraître lointaine!..alors…soufflons, reconnaissons nos besoins, dès que possible agissons pour les mettre en œuvre, exposons-les à nos enfants avec bienveillance et fermeté.
  6. Qu’est-ce qui est le plus précieux pour moi? L’avis de nos parents, de notre conjoint, des professeurs de classe, des amis du club de foot mais aussi l’accumulation de biens matériels…peuvent lourdement peser sur notre comportement avec notre enfant. En avons-nous conscience?
  7. Quel est mon objectif? Que nos enfants grandissent, qu’ils aient une bonne estime d’eux-mêmes, qu’ils aient confiance en eux, qu’ils aient confiance en nous, qu’ils puissent s’insérer socialement aussi. Montrons leur alors à quel point ils sont précieux, ils pourront ainsi découvrir les risques et les merveilles de la vie avec la conscience de leur propre valeur..

On peut secouer un biberon…pas un bébé! (article en soutien au 30 avril, journée nationale de la non-violence éducative)

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En France, les statistiques révèlent que:

  • 14% des Français déclarent avoir été victimes de maltraitances– physiques, sexuelles et psychologiques – au cours de leur enfance (sondage Harris-L’Enfant Bleu 2014)
  • Chaque jour, 2 enfants décèdent victimes de maltraitance (INSERM 2010)

Reconnaissons-le, la tâche parentale est ardue et il y a tellement d’occasion de perdre le contrôle…de soi.

Reconnaissons-le aussi, il y a tellement de solutions possibles et d’accompagnement à mettre en place!

Nous pensons qu’il n’y a pas de mauvais parents, il y a des parents qui à un moment donné n’ont pas eu accès aux moyens à leur disposition pour faire face. Des moyens extérieurs mais internes aussi, connaître son enfant, son stade de développement cérébral, ses besoins en fonction de son âge, d’autres parents avec qui dialoguer, des professionnels… et aussi se connaître soi-même, prendre en compte ses besoins, y répondre dès que possible: ralentir, respirer, ressentir, réagir de manière créative…

Changer les mentalités? oui! Comment? Thomas d’Ansembourg , dans son intervention en juin 2015 « Une histoire de violence » pour le mouvement Colibris  nous donne une piste quand il aborde la notion de développement social durable.

Et dans l’éducation, c’est possible aussi.

Quelques clés pour une éducation au service de la joie les 3 et 4 juin 2016 à Dreux (Eure et Loir).

Une clé possible pour éviter la violence éducative ordinaire: Reconnaissez les besoins de vos enfants et affirmez les vôtres, recherchez la coopération.

Isabelle Filliozat dans son Best Seller « Au cœur des émotions de l’enfant » nous invite à prendre conscience de l’ampleur de la tâche parentale quant au respect des besoins de chacun.

« Nous voudrions que nos enfants « ne pleurent pas pour un rien », qu’ils ne se mettent pas en colère parce qu’on leur refuse quelque chose ou parce qu’on a l’outrecuidance de leur proposer de changer leur couche pleine.

Nous aimerions que nos enfants soient plus coopérants, qu’ils s’habillent quand on leur demande, qu’ils viennent à table en même temps que tout le monde, qu’ils aillent se coucher volontiers, qu’ils rangent leur chambre, qu’ils mettent leur manteau au crochet prévu à cet effet et leurs chaussures l’une à côté de l’autre dans le placard.

Nous aimerions qu’ils soient calmes et sages, qu’ils ne courent pas partout en hurlant, qu’ils s’asseyent tranquillement sur leur chaise pour prendre leur repas, mangent rapidement, proprement et avec leur fourchette tout ce qu’il y a dans leur assiette, boivent sans renverser leur verre ni faire à table des expériences de physique sur la conservation des volumes… […]

Les besoins des parents et des enfants sont carrément opposés. La plupart des parents aiment les espaces ordonnés, apprécient le silence et les paroles mesurées, rêvent de calme et de grasses matinées. La grande majorité des enfants est à l’aise dans le plus grand désordre, adore le bruit et se lève à l’aube, particulièrement le dimanche et les jours fériés ».

Au coeur des émotions de l'enfant

A télécharger ci-dessous, le tract proposé par Catherine Dumonteil Kremer à l’occasion de la journée de la NON violence éducative, édition 2016, à diffuser sans modération, nous sommes tous concernés, adultes et enfants.

kit-d-urgence-pour- les-parents

tract kit d'urgence

La parentalité positive (Isabelle Filliozat)

« La parentalité c’est comment je suis, moi,  avec mon enfant; positive c’est-à-dire orientée vers le positif, le constructif», Isabelle Filliozat.

Derrière les mots « caprices », « bêtises » et autres « comédies »…il y a un besoin de l’enfant qui, lorsqu’il n’est pas nourri peut engendrer des manifestations émotionnelles plus ou moins intenses.

Pour essayer de répondre à la cause et non plus aux seuls symptômes, prêtons notre attention à ce que vit l’enfant : que se passe-t-il pour lui ? Quel besoin n’est pas nourri ? Comment accompagner ses décharges émotionnelles ? Comment mettre en place des consignes compréhensibles pour lui ?

L’éducation prend une tournure constructive, la communication adulte-enfant devient plus efficace!

Le DVD de présentation de la parentalité positive est construit en 4 grands chapitres, Isabelle Filliozat évoque notamment comment réagir face aux colères, les conséquences des punitions et des cris sur l’enfant et les alternatives, l’importance des formulations positives « reste près de moi » plutôt que « ne vas pas dans la rue » etc…

Phrase clé du discours d’Isabelle Filliozat « l’amour n’est pas une récompense, c’est du carburant », veillons donc au bon remplissage du réservoir affectif de nos enfants (contact physique, temps passé ensemble, présence cœur à cœur, paroles encourageantes…) et veillons au nôtre !

La parentalité positiveDisponible à l’association!